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vendredi 11 avril 2008

L'Italie condamnée pour non respect de la loi européenne

LUXEMBOURG (AFP) - 11/10/2003 - La Cour Européenne de Justice a condamné jeudi l'Italie pour non respect de la législation sur les décharges, un problème récurrent dans ce pays, sous le coup de plusieurs procédures européennes. La Commission européenne doit ainsi se prononcer début mai sur les mesures mises en oeuvre par les autorités italiennes pour gérer le traitement des déchets dans la région de Naples (sud). Selon les premières informations obtenues par l'AFP, les mesures présentées ne sont pas satisfaisantes et une procédure pourrait être lancée contre l'Italie. L'arrêt rendu jeudi par les juges européens est leur réponse à une première procédure lancée contre l'Italie par la Commission européenne en 2006 pour non respect de ses obligations concernant les décharges. La législation de 1999 impose aux Etats membres de "prévoir des mesures pour prévenir ou réduire autant que possible les effets négatifs pour l'environnement de la mise en décharge des déchets". Pour ce faire, trois catégories de décharges sont prévues: pour les déchets dangereux, pour les déchets non dangereux et pour les déchets inertes. La loi précise quels déchets peuvent être admis dans ces trois catégories de décharges. Les Etats membres doivent faire en sorte que les décharges autorisées ou en exploitation ne puissent fonctionner que si les déchets sont effectivement triés en fonction de ces trois catégories. La Cour européenne de Justice a donné raison à Bruxelles, en affirmant que l'Etat italien "a manqué aux obligations qui lui incombent". L'incapacité de l'Italie à se conformer aux règles européennes exaspère les autorités européennes. "La mise en cause de la responsabilité du crime organisé ne doit pas masquer la cause la plus directe, à savoir l'absence d'action et l'absence de volonté politique", a dénoncé en janvier le commissaire à l'Environnement Stavros Dimas. Naples et sa périphérie sont régulièrement envahies par les ordures depuis 1994 en raison de dysfonctionnements chroniques, largement dus à l'infiltration de la mafia napolitaine, la Camorra, dans le juteux marché du recyclage des déchets. . C'est ce que notre blog signalait dès le début de cette affaire voici plus d'une mois (cf. nos articles précédents en cliquant sur le libellé "Italie")

lundi 10 mars 2008

Déchets de Naples : le tourisme sinistré pour longtemps

NAPLES (AFP) - 10/03/2008 - "Jamais nous n'aurions pensé en arriver là! Bill Clinton, François Mitterrand, le roi Juan Carlos ont dîné ici", soupire la directrice du grand hôtel Vesuvio dont le restaurant Caruso fermera ses portes dimanche, faute de clients en raison de la crise des déchets. Symbole d'une industrie du tourisme à l'agonie, le Caruso, avec sa vue à couper le souffle sur le golfe de Naples et le Vésuve, ferme "pour une durée indéterminée", affirme d'un ton amer Mariaclaudia Cardinale, précisant qu'il "sera occasionnellement ouvert dans le cas de réservations de groupes". "Personne ne veut plus venir à Naples, l'image de la ville a été complètement dégradée par les images des tas d'ordures à la télévision", affirme-t-elle, disant "devoir répondre régulièrement à des touristes inquiets sur la situation". La patronne souligne que l'hôtel Vesuvio, fondé en 1882, n'a cessé de baisser ses prix depuis quelques années, en raison de l'aggravation de la crise chronique des ordures qui affecte Naples depuis 1994. "En 2005, une chambre double qui coûtait plus de 250 euros, vaut 160 euros aujourd'hui", précise Mme Cardinale. "Nous avons 30% de réservations en moins pour l'hôtel et le restaurant par rapport à 2007, et ce alors que l'année dernière avait déjà été très mauvaise", poursuit-elle, ajoutant que seules une trentaine de chambres sur les 160 que compte l'hôtel ont été réservées pour Pâques, pourtant une période de haute saison pour la ville en temps normal. "La situation s'est arrangée, les rues sont plus propres, mais comment faire pour convaincre les touristes et les tour opérateurs ? D'autant plus que les tas d'ordures reviennent périodiquement", soupire-t-elle. Quelques 3.000 tonnes d'ordures étaient encore en souffrance samedi dans les rues de Naples, principalement dans les quartiers d'affaires et résidentiels, mais le centre-ville avait été largement nettoyé. Mais c'est à l'ouest de Naples que la situation est la plus grave, dans la région volcanique des champs phlégréens, près du port antique de Pouzzoles. Là, d'immenses tas d'ordures s'accumulent au bord des routes, dégageant une odeur nauséabonde à quelques mètres seulement de l'entrée de l'amphitéâtre Flavio, troisième d'Italie par sa taille, de la grotte de la Sybille, à Cumes, et du lac d'Averne, célèbre car il était considéré par les Grecs comme l'entrée des enfers. "La situation a empiré depuis janvier. Tous les restaurants sont fermés et les commerçants désespérées car la saison s'annonce très mauvaise", affirme Nando, un habitant de Pouzzoles. Le président de la chambre de commerce de la région de Naples, la Campanie, Maurizio Maddaloni, parle de 30% de baisse des réservations à Naples, et souligne que les sites touristiques autour de la ville, Pompéi, Herculanum, les îles de Capri et d'Ischia sont également affectés par la crise. L'année "2008 s'annonce comme une année noire pour le tourisme à Naples", résume-t-il, ajoutant que même si la crise se résolvait, "la situation serait difficilement rattrapable".

jeudi 6 mars 2008

Naples : 28 personnes mises en examen après la crise des déchets

NAPLES - 06/03/2008 - Le président de la Campanie, Antonio Bassolino, et 27 autres responsables de la région de Naples ont été mis en examen vendredi 29 février pour des irrégularités présumées dans la gestion des déchets. Qu’ils soient hauts fonctionnaires des administrations provinciales ou dirigeants d’entreprises en charge de la gestion des déchets, ils sont suspectées de fraude en fournitures publiques, abus de pouvoir, faux et usages de faux en matière d’environnement. Le procès devrait s’ouvrir le 14 mai prochain devant le tribunal de Naples. En janvier dernier, plus de 350.000 tonnes d'ordures s'étaient accumulées dans les rues de Naples et de sa région.
Sources : Journal de l'environnement

lundi 28 janvier 2008

Les « ordures » de la Camorra

NAPLES - 28/01/08 -Jean-François Gayraud,* Commissaire divisionnaire et chargé de mission à l’INHES (Institut National des hautes Etudes de Sécurité) analyse la crise des ordures et des déchets, en Italie. Ce secteur serait contrôlé par les quatre grandes mafias : la Cosa Nostra en Sicile, la Camorra en Campanie, la Sacra Corona Unita dans les Pouilles et la Ndrangheta en Calabre. La commission parlementaire présidée par le député Massimo Scalia, estiment qu’elles contrôlent environ 30% des entreprises spécialisées dans le traitement des déchets ménagers et des déchets dangereux. La prospérité des clans camorristes daterait des années 1970/80 après leur « reconversion du trafic de cigarettes pour celui des stupéfiants » et leurs investissements massifs dans l’économie légale, entreprises de BTP, des gestion de déchets, ce qui leur ont permis d’emporter des marchés pour la reconstruction de Naples après le tremblement de terre du 23 novembre 1980.
D’après Jean-François Gayraud, les mécanismes se résument à quatre étapes majeures. 1. Collecte et gestion des déchets par les particuliers,entreprises industrielles, organismes publics (hôpitaux…). 2. Retraitement fictif des déchets. 3. Transport hors d’Italie, enfouissement clandestins ou recyclage de ces déchets en matériaux de construction. 4. Dépollution des terrains contaminés. Quelques chiffres : pour la seule Campagnie, on recense 132 lacs artificiels sur 300 km2 dissimulant des produits toxiques,180 décharges illégales. Le commissaire extraordinaire du gouvernement chargé des déchets, Guido Bertolaso affirme en 2007 que la région compte 1 million de tonnes de déchets enterrés, abandonnés ou dans des lieux de stockage « temporaires ». Un rapport du bureau environnement de l’Organisation mondiale de la santé publié en 2007 conclut à une surmortalité qui serait de 9% chez les hommes et de 12% chez les femmes vivant à Naples et Caserte. Au nord de Naples, une zone de petites villes est si polluée qu’elle a été rebaptisée le "triangle de la mort" en 2004 par la revue scientifique The Lancet Oncology. La hausse s'expliquerait par le passage de substances toxiques dans l'eau et dans les fruits et légumes qui y sont cultivés. Mardi 22 janvier, quelque 3.570 tonnes d'ordures non ramassées étaient encore accumulées dans les rues de Naples contre 7.100 une semaine auparavant. Cette énième crise des déchets à Naples et en région Campanie avait débuté fin décembre, et jusqu'à 110.000 tonnes de déchets s'étaient accumulés.
Sources : cahiers de l’INHES Les risques environnementaux : sommes-nous prêts ? janvier 2008

samedi 19 janvier 2008

L'Allemagne, terre d'accueil des déchets napolitains

BREMERHAVEN (Allemagne) - 19/01/08 - La solution allemande a une nouvelle fois été trouvée afin d'apaiser les tensions qui règnent en Italie autour de la problématique des déchets. Ce sont ainsi 30.000 d'ordures qui devraient y être incinérées. Alors que les régions italiennes sont l'objet de luttes internes sur la question de l'accueil des déchets provenant de la région de Naples, une bonne partie d'entre-eux seront transportés à Bremerhaven en Allemagne afin d'y être incinérés. Toutefois, cette décision suscite également la polémique outre-Rhin, certains estimant que les pays de l'Union doivent être en mesure de traiter leurs propres déchets...
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lundi 14 janvier 2008

La crise des déchets de Naples aura un coût exhorbitant

ROME (AFP) - 14/01/08 - Naples et sa région, la Campanie, risquent de subir encore longtemps les conséquences en termes économiques et d'image de la crise des déchets de ce début d'année, même si sur place la situation revient progressivement à la normale. "Les pertes pourraient atteindre 500 millions d'euros en raison de l'image dégradée de la Campanie à la suite de la crise des déchets, avec les annulations de séjour dans les chambres d'hôtes à la campagne et de commandes, en provenance de l'Italie et de l'étranger, de produits agro-alimentaires", indique dimanche sur son site internet la Coldiretti, un des principaux syndicats d'agriculteurs italiens. "De la mozzarella au citron, de la pomme au vin", les baisses de commandes de produits alimentaire atteignent "jusqu'à 30%", affirme la Coldiretti, rappelant que 135.000 entreprises agricoles opèrent en Campanie et que de nombreux emplois sont en danger si la crise devait perdurer.
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jeudi 10 janvier 2008

Nouvelle technique de transformation des déchets en combustible

BRESCIA - 10/01/08 - Les déchets comme nouvelle source d'énergie, économique et propre, à portée de main et parfaitement intégrée dans les procédures industrielles actuelles. C'est la promesse de la nouvelle technologie mise au point dans un hangar à Brescia, qui permet de transformer une vaste gamme de déchets (du plastique aux résidus non ferreux des voitures) en une huile combustible capable de fournir plus d'énergie que le gasoil normal. Avec une tonne de plastique, il est possible de récupérer en quelques heures jusqu'à 850 litres d'huile synthétique avec lesquels on alimente -sans raffinage préalable- les moteurs diesel ou les turbines, et plus de 100 kilos de gaz, parmi lesquels le méthane et le propane. Les coûts de production sont de 3% par rapport au produit final....
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samedi 5 janvier 2008

Déchets napolitains : le chef de l"Etat italien intervient

ROME (AFP) - 05/01/08 - Le président de la République italienne Giorgio Napolitano s'est dit "alarmé" vendredi par la crise des déchets qui s'entassent dans les rues de Naples (sud), alors que le blocage d'une importante décharge par des manifestants se poursuivait malgré les appels du gouvernement. L'Union européenne a signifié mercredi au gouvernement italien qu'elle "suivait de très près la situation dans la région Campanie" et qu'elle déciderait "dans les prochains jours s'il convient de prendre de nouvelles mesures"(...) Dans un communiqué, le gouvernement a ainsi stigmatisé les actions d'habitants d'une commune à l'ouest de Naples, Pianura, qui bloquent depuis plusieurs jours les accès du centre de traitement des déchets pour refuser sa réouverture, craignant nuisances et pollution. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les manifestants ont incendié quatre autobus à l'entrée de la décharge...
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